Petite histoire de la confiture

      La confiture, c’est d’abord une méthode de conservation des fruits ; il ne faut pas les laisser perdre, alors on utilise les moyens du bord : stockage au frais dans une grotte pour les premiers hommes, fruits confits au miel pour les romains et enfin les confitures que nous connaissons avec l’arrivée du sucre au Moyen-âge.

      Les premières confitures, en tous cas les recettes qui s’en approchent le plus, remontent au premier siècle après J.-C. Dans son Histoire Naturelle, Pline l’Ancien décrit les coings au miel, première recette de fruits confits connue. Gavius Apicius, gastronome romain, nous apprend dans son Art Culinaire, que ses contemporains consommaient donc des coings, mais aussi des figues, des pommes et des cerises confites dans le miel.

      Au Moyen-âge, l’arrivée du sucre, relance la consommation des confiseries, notamment celle des confitures, alors appelées electuaire, littéralement « médicament à lécher », en référence aux remèdes et antidotes des mondes Arabes et Grecs. Les confitures prennent alors le statut des médicaments prescrits aux nobles par les apothicaires.

      Au XIVe siècle, reconnaissance suprême, les papes eux-mêmes raffolent des confitures. Il n’est plus de bon repas sans confitures.

      Michel de Nostredame, le célèbre Nostradamus publia en 1552, en tant que médecin, le traité des fardements et confitures, un recueil de recettes dédié pour une part aux cosmétiques et pour l’autre aux confitures.

      Le XVIIe siècle voit quant à lui les confitures et autres friandises devenir de simples gourmandises. Les confiseurs-confituriers sont maintenant installés dans leurs boutiques, ou au service des grandes maisons. Le plus en vue d’entre eux, Roger de Quiquetonne, finira même par donner son nom à la rue Tiquetonne, à Paris, dans le deuxième arrondissement. Le terme confiture désigne alors les fruits au sirop, les fruits confits, les bonbons et les fruits cuits au sucre ; il ne prendra le sens qu’on lui connait aujourd’hui qu’à partir du XIXe siècle.

      Aujourd’hui, la confiture est devenue un produit de grande consommation, considérée comme un aliment de plaisir, à l’intérêt nutritionnel relativement faible : trop de sucre et trop peu de fibres. Si la majorité des confitures sont industrielles, quelques artisans, dont E-gourmand fait partie, tentent de préserver la confiture telle qu’elle devrait être : gourmande et naturelle, préparée à partir de fruits de qualité, de sucre et de pectine.

A vos tartines !